Quel meilleur support que le tissu pour valoriser les communautés locales, les femmes et leurs ateliers de couture, pour témoigner du potentiel créatif des jeunes stylistes et des jeunes créateurs, pour souligner que notre société, comme toute société ouverte, s’inspire des styles, des motifs, de l’esthétique, de l’art des autres cultures ! Regardons nos vêtements, notre ameublement, nos décorations intérieures et acceptons l’idée que nous nous enrichissons de tous ces emprunts. Par ailleurs, le tissu est une métaphore très riche : ne parle-t-on pas du tissu social, du fil conducteur, de trame d’un discours ? Alors pourquoi ne pas prendre le tissu comme cadre aux échanges, aux réflexions, à la parole, dont nous avons tant besoin dans notre département ?
Shonibare : un grand artiste
et le tissu
L’idée avance, un projet intercommunal se profile autour d’un lieu et d’un temps où l’on trouverait à la fois :
¤ des expositions de créations locales diverses : vêtements, accessoires, ameublement, décoration ;
¤ des expositions permettant un enrichissement culturel, exemple : l’Afrique des textiles, cultures, traditions, métiers, supervisée par une anthropologue (Anne Grosfilley) ;
¤ des espaces de discussion, mini-conférences, débats, sur différents thèmes, par exemple femmes, cultures et transmission des savoirs, parentalité, réflexions sur la violence des très jeunes, etc.
Nous en sommes à la mise sur pied d’un comité d’organisation. A ce jour, ce comité réunit des représentants des femmes relais, des directeurs d’animateurs des centres sociaux des différentes villes du département, des lycées professionnels de la Seine-Saint-Denis, et quelques laboratoires d’anthropologie. Tous réagissent très positivement à cette proposition, qui déjà mobilise et motive.
En attendant, j'ai participé au défilé de mode interculturel organisé à Bondy pour la fête de la ville, en intégrant une de mes toiles en arrière-fond des brillantes créations des jeunes danseurs et des stylistes. J’en ai eu beaucoup de plaisir.