Partager l'article ! Du passe-temps au risque de l'exposition: Ce sont les encouragements de mes proches qui m'ont dans un premier temps incitée à utiliser certaine ...
Ce sont les encouragements de mes proches qui m'ont dans un premier temps incitée à utiliser certaines des mes toiles pour décorer le local d'une association. Je pensais ainsi améliorer l'accueil et l'ambiance par de la couleur, témoigner d'une attention aux personnes accueillies, en particulier aux femmes africaines qui ont gardé la mode du pagne et qui verraient là une reconnaissance de leur culture.
L'initiative fut très bien accueillie ; mais, quelle surprise, aucune Africaine n'a reconnu le tissu familier par-delà le motif
peint, alors même que certaines portaient le pagne fait du même tissu. Il a fallu qu'en riant je tienne un morceau de leur jupe, que je le rapproche de l'envers du tableau, pour que tout à coup
tout s'éclaire ; c'est encore une fois l'illustration du fait que l'on ne voit pas ce qu'on n'a pas appris à reconnaître. Le wax, c'est le pagne, un vêtement, impossible de le penser dans le
contexte européen du tableau. Alors donc j'avais peint sur le tissu de leur pagne ! Quel étonnement, et quel plaisir de reconnaître les wax coutumiers ! En remerciement, l'une d'elles m'a
apporté un morceau de tissu, j'y ai inscrit et offert "Les hortensias".
Première exposition (printemps 2005)
Les occasions s'enchaînent ; un responsable de
Maison de Quartier, passé par le local de l'association, me demande de faire une « vraie » exposition dans sa Maison de Quartier. Pourquoi non ? Premières affiches, premières
invitations, nouveaux encouragements, première commande ("Les fougères" : voir acryliques sur wax 1).
Deuxième exposition (juillet-septembre 2005)(voir acryliques sur wax 2)
Je quitte la Maison de Quartier pour un restaurant, le Relais, à la fois restaurant « cuisines du monde », centre de formation aux métiers de la restauration, et ancien atelier offrant ses murs aux expositions temporaires des artistes locaux : affiche plus professionnelle, invitation plus large, vernissage officiel. A cette occasion je rencontre Anne Grosfilley, anthropologue, auteure d'un ouvrage L'Afrique des textiles, et organisatrice d'une magnifique exposition sur les tissus africains à Rouen : de cette rencontre va naître un autre type de projet (v. l'article Le tissu comme métaphore et autres projets).
Encore une fois reconnaissance, étonnement, nouvelles commandes encore "Les fougères" (2ème édition), "Les iris", "Les chats", "Les coquelicots". J'établis une fourchette de prix qui tient compte des dimensions et du temps passé (entre 100 et 300 €).
Certaines toiles ont beaucoup de succès, j'accepte à l'occasion de reprendre le même motif dans la mesure où je peux retrouver le même tissu. Mais ce ne sera jamais exactement le même tableau. Certains wax sont suffisamment « classiques » pour que j'aie la chance de les retrouver ; d'autres resteront pièce unique
Troisième exposition (octobre 2006)(voir acryliques sur wax 3)
Cette fois, je veux prendre un risque différent. J'ai envie d'exposer
dans la France profonde, dans un petit village entre Poitou et Touraine, à Saint-Rémy-sur-Creuse (500 hab). C'est un succès : je suis invitée à reconduire l'opération à la demande des
habitants, « pour le plaisir de tous ». J'ai pu mesurer à cette occasion combien les petits villages sont dans l'attente d'évén
ements qui viennent rompre le quotidien, qui permettent de
retrouver une convivialité de voisinage, de quitter son chez soi et sa télé, de redécouvrir aussi un autre mode d'être au monde, celui du faire, d'exister à travers le faire. Je perçois que cette
attitude renoue avec ce qu'était, il y a encore peu de temps, dans le souvenir de chacun, le travail de l'ébéniste, du ferronnier, de la couturière : un travail d'artisan dont chacun
pouvait parler.
J'ai trouvé beaucoup d'intérêt à aller installer à domicile les tableaux achetés ("Les tournesols", "L'envol", "Les coquelicots avec chardons", "Les Tulipes", "L'essai").
Quatrième exposition, Pantin, septembre 2007 : voir acryliques sur wax 4.
Dans le cadre de la semaine de la solidarité
internationale, j'ai participé avec mes tableaux et les wax non encore peints à l'exposition
Mes toiles devaient s'intégrer dans des références plus larges, par la présence d'objets africains du quotidien : tabourets, instruments de
musique, bijoux, vêtements, aliments, etc., et de livres traitant des différents aspects de la culture du continent - avec un clin d'oeil pour les enfants.
Certains, plusieurs femmes en particulier, m'ont dit qu'elles redécouvraient là avec plaisir des aspects oubliés de leur
culture.
Comme toujours, j'ai dû répondre aux mêmes questions :