Dimanche 23 mars 2008
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Ce sont les encouragements de mes proches qui m'ont dans un premier temps incitée à utiliser certaines des mes toiles pour décorer le local d'une
association. Je pensais ainsi améliorer l'accueil et l'ambiance par de la couleur, témoigner d'une attention aux personnes accueillies, en particulier aux femmes africaines qui ont gardé la mode
du pagne et qui verraient là une reconnaissance de leur culture.
L'initiative fut très bien accueillie ; mais, quelle surprise, aucune Africaine n'a reconnu le tissu familier par-delà le motif
peint, alors même que certaines portaient le pagne fait du même tissu. Il a fallu qu'en riant je tienne un morceau de leur jupe, que je le rapproche de l'envers du tableau, pour que tout à coup
tout s'éclaire ; c'est encore une fois l'illustration du fait que l'on ne voit pas ce qu'on n'a pas appris à reconnaître. Le wax, c'est le pagne, un vêtement, impossible de le penser dans le
contexte européen du tableau. Alors donc j'avais peint sur le tissu de leur pagne ! Quel étonnement, et quel plaisir de reconnaître les wax coutumiers ! En remerciement, l'une d'elles m'a
apporté un morceau de tissu, j'y ai inscrit et offert "Les hortensias".
Première exposition (printemps 2005)
Les occasions s'enchaînent ; un responsable de
Maison de Quartier, passé par le local de l'association, me demande de faire une « vraie » exposition dans sa Maison de Quartier. Pourquoi non ? Premières affiches, premières
invitations, nouveaux encouragements, première commande ("Les fougères" : voir acryliques sur wax 1).
Deuxième exposition (juillet-septembre 2005)(voir acryliques sur wax 2)
Je quitte la Maison de Quartier pour un restaurant, le Relais, à la fois restaurant
« cuisines du monde », centre de formation aux métiers de la restauration, et ancien atelier offrant ses murs aux expositions temporaires des artistes locaux : affiche plus
professionnelle, invitation plus large, vernissage officiel. A cette occasion je rencontre Anne Grosfilley, anthropologue, auteure d'un ouvrage L'Afrique des textiles, et organisatrice d'une magnifique exposition sur
les tissus africains à Rouen : de cette rencontre va naître un autre type de projet (v.
l'article Le tissu comme métaphore et autres projets).
Encore une fois reconnaissance, étonnement, nouvelles commandes encore "Les fougères" (2ème
édition), "Les iris", "Les chats", "Les coquelicots". J'établis une fourchette de prix qui tient compte des dimensions et du temps passé (entre 100 et 300 €).
Certaines
toiles ont beaucoup de succès, j'accepte à l'occasion de reprendre le même motif dans la mesure où je peux retrouver le même tissu. Mais ce ne sera jamais exactement le même tableau.
Certains wax sont suffisamment « classiques » pour que j'aie la chance de les retrouver ; d'autres resteront pièce unique
Troisième exposition (octobre 2006)(voir acryliques sur wax 3)
Cette fois, je veux prendre un risque différent. J'ai envie d'exposer
dans la France profonde, dans un petit village entre Poitou et Touraine, à Saint-Rémy-sur-Creuse (500 hab). C'est un succès : je suis invitée à reconduire l'opération à la demande des
habitants, « pour le plaisir de tous ». J'ai pu mesurer à cette occasion combien les petits villages sont dans l'attente d'évén
ements qui viennent rompre le quotidien, qui permettent de
retrouver une convivialité de voisinage, de quitter son chez soi et sa télé, de redécouvrir aussi un autre mode d'être au monde, celui du faire, d'exister à travers le faire. Je perçois que cette
attitude renoue avec ce qu'était, il y a encore peu de temps, dans le souvenir de chacun, le travail de l'ébéniste, du ferronnier, de la couturière : un travail d'artisan dont chacun
pouvait parler.
J'ai trouvé beaucoup d'intérêt à aller installer à
domicile les tableaux achetés ("Les tournesols", "L'envol", "Les coquelicots avec chardons", "Les Tulipes", "L'essai").
Quatrième exposition, Pantin, septembre 2007 : voir acryliques sur wax 4.
Pendant le mois de l'exposition j'ai constaté plus de visiteurs sur le site et une augmentation sensible du nombre de pages vues (mais toujours pas de commentaires !).
Six toiles ont été achetées, dont l'une (Sicile) par le service culturel de la ville de Pantin. Ce tableau va donc rejoindre le fonds culturel de Pantin, qui vise à valoriser le travail
des artistes de la ville et prête aux services administratifs les oeuvres qu'il détient.
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Cinquième exposition, Le Pré-Saint-Gervais, novembre
2007
Dans le cadre de la semaine de la solidarité
internationale, j'ai participé avec mes tableaux et les wax non encore peints à l'exposition
"La vie par la vie : chroniques africoles",
organisée par La Paille et le Mil : succès d'estime, mesuré
à travers l'augmentation très sensible des nombres de visiteurs sur le site, "Brève rencontre" rencontre beaucoup de succès, mais comme pour d'autres toiles je ne puis m'en séparer. Je me
sépare de "Vert et bleu" avec difficulté. J'en fais une autre version unique pour moi-même.
Bondy, 30 septembre-18 octobre 2008
Compte tenu du lieu d'exposition - la Bibliothèque municipale -, il nous a paru évident qu'il fallait ouvrir des perspectives sur
la culture africaine, donner envie "d'en savoir plus".
Mes toiles devaient s'intégrer dans des références plus larges, par la présence d'objets africains du quotidien : tabourets, instruments de
musique, bijoux, vêtements, aliments, etc., et de livres traitant des différents aspects de la culture du continent - avec un clin d'oeil pour les enfants.
Il me faut remercier très vivement l'équipe de la Bibliothèque et du Centre social Sohane, car ces objectifs ont été très bien percus par les visiteurs, dont beaucoup d'origine
africaine. Le livre d'or a été rempli de commentaires émouvants, sensibles,
reconnaissants: pour certains, le plaisir de voir leur culture valorisée, reconnue, pour d'autres d'y voir une ouverture à l'autre.
On y trouve les petits mots des enfants, ceux des personnes âgées pour qui la bibliothèque est un lieu important de lien social et qui tiennent à préciser leur âge, des analyses plus élaborées de
visiteurs très sensibles aux retrouvailles de leur culture...
Certains, plusieurs femmes en particulier, m'ont dit qu'elles redécouvraient là avec plaisir des aspects oubliés de leur
culture.
Comme toujours, j'ai dû répondre aux mêmes questions :
comment vous est venue cette idée de peindre sur des tissus, avez-vous des modèles, etc. Cette fois j'ai pu dire que c'est parce que le wax, par ses couleurs, son graphisme, son exubérance, sa
vitalité, n'est pas un tissu "raisonnable", qu'il a eu sur moi un effet libérateur.
Metiss Mode à Bondy
Mes petites réalisations de vestes en wax peintes plaisent suffisamment pour qu'elles fassent l'objet d'une présentation lors du
défilé de mode organisé par la Municipalité de Bondy (93) dans le cadre de la fête de la ville et de la valorisation des oeuvres des habitants (Hôtel de Ville de Bondy, 26 juin
2009).
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